Quatrième lettre à mes amis israéliens et juifs.
Je voudrais vous parler du rabbin, du prêtre, du journaliste et du poète.
Je laisserai le cas de Netanyahu et de ses accusations d’antisémitisme à l’encontre du président Macron et de la France pour la prochaine lettre.
Pendant que nous tapons sur nos claviers, chaque jour, l’équivalent d’une salle de classe d’enfants, 30, 40, 50 est tuée par l’armée israélienne ou bien meurt de faim ou faute de soins. 62000 Palestiniens ont perdu la vie depuis le 7 octobre 2023, dont plus de 18500 enfants, 2 millions de déplacés, suite à l’attaque du Hamas contre Israël qui a fait plus de 1188 victimes et 251 personnes enlevées côté israélien.
Cette semaine un prêtre romain qui venait d’arriver à l’aéroport de Tel Aviv a été refoulé. Motif invoqué : il aurait qualifié le massacre en cours à Gaza depuis près de 23 mois de génocide.
Le prêtre, un Italien, vient d’un ensemble continental qui n’exige pas de visa à l’entrée de l’espace Schengen pour les Israéliens. Israël, dans ses rapports avec l’UE, viole allègrement les clauses de l’accord d’association bilatéral tandis que Bruxelles et les Européens regardent ailleurs.
Dans le même ordre d’idées entre Israël et l’Europe, l’affaire du rabbin israélien qui a suggéré au président Macron de « préparer son cercueil » continue de ne pas faire … assez de vagues.
Si cet individu ne remettra probablement plus jamais les pieds dans l’espace Schengen, du côté de Tel Aviv aucune sanction n’est prévu. Pourtant l’incitation au crime est sanctionné par le droit israélien.
Mais lorsque le pays est dirigé par un homme qui a participé aux appels au meurtre d’Yitzhak Rabin et poursuivi par la justice de son pays et la justice internationale, à quoi faut-il s’attendre ? Israël est en pleine dérive et cette dérive ne s’arrête pas là et les Palestiniens en sont les premières victimes.
La presse n’est pas en reste puisque Tel Aviv a justifié le ciblage et l’assassinat d’Anas Al-Sharif d’Al Jazeera à Gaza en le qualifiant de « terroriste ». Quatre autres de ses collègues ont été tués avec lui. Cela porte a plus de 220 (Reporters Sans Frontières) le nombre de journalistes tués à Gaza depuis octobre 2023.
Pendant ce temps-là, depuis plus de 22 mois, Tel Aviv interdit à la presse indépendante internationale de se rendre à Gaza tandis qu’une censure militaire israélienne sur ce que la presse publie sur la guerre est exercée. Faut-il s’étonner que plus de 85000 Israéliens ont quitté leur pays en 2024 pour des raisons de sécurité ?
Au milieu de cette ambiance déshumanisante, le poète et romancier marocain Kébir Mustapha Ammi, né à Taza et établi à Paris, m’a envoyé un de ses poèmes intitulé Dessine-moi une Palestine heureuse dont je partage avec vous le lien pour la version anglaise https://lnkd.in/eRMUzm8r. La version FR (extraits) suit.
Ci-dessous : Sommet de Casablanca, novembre 1994