SPECIAL TALKS

Lettre 11

Onzième lettre à mes amis israéliens, palestiniens et à ceux soucieux de paix, de coexistence et de coopération régionale.

Je vous écris de Jérusalem et de la frontière entre Israël et Gaza.

On parle souvent, et à juste titre, de la douleur des Israéliens et des Palestiniens depuis le 7 octobre 2023, mais aussi bien sûr, bien avant.
Je parle aussi d’une folie en cours : des milliers de morts de chaque côté, encore 21 victimes palestiniennes ce samedi 22 novembre 2025 à Gaza. Le décompte morbide est sans fin.

À la frontière entre Israël et Gaza, on rencontre des parents de victimes israéliennes et on voit aussi les destructions à Gaza City; on imagine toute les douleurs, les souffrances et les milliers de vies et de rêves brisés. C’est insupportable et indigne des enfants d’Abraham. Nous ne pouvons accepter une telle situation. La guerre est une impasse, la paix un chemin.

Pourquoi est-ce de la folie ? Parce qu’il n’y a pas de perspective de résolution pacifique ou militaire du conflit. Parce qu’Israël a la force et des droits, les Palestiniens le droit et pas de force.
La sécurité, les droits et la dignité des uns et des autres devront être assurés pour tous.

Les deux peuples se connaissent puisqu’ils sont à la fois adversaires, voisins et partenaires sur le terrain et de nombreux sujets. Beaucoup d’Israéliens et de Palestiniens travaillent ensemble pour la paix. Mais apparemment cela n’est pas suffisant. Certains demandent d’ailleurs l’accentuation des pressions extérieures pour aboutir à une trêve à Gaza et en Cisjordanie, à des négociations ensuite, puis à un traité de paix évolutif.

Les dégâts politiques, humains, psychologiques et sociaux créés par un conflit de plus de 75 ans ne seront ni oubliés ni résolus en quelques mois ou quelques années. Mais le plus tôt on redémarrera ce processus de rapprochement des positions, le plus tôt on a de chances d’aboutir. Les adversaires et les saboteurs de toute idée de paix existent comme on l’a vu au moment des accords d’Oslo et comme on continue de le voir chaque jour encore.

Aujourd’hui Benjamin Netanyahu et ses alliés politiques sont opposés à toute idée d’un État palestinien. Côté palestinien, le Hamas s’oppose à l’existence même de l’État d’Israël. Mais il existe aussi des partisans de la paix des deux côtés.

Il y a un besoin de pressions, comme celles qu’exerce Washington sur Israël d’un côté, et celles exercées par les États arabes sur le Hamas de l’autre côté. Washington, Abou Dhabi, Riyad et Le Caire l’ont compris. C’est la situation dans laquelle on se trouve aujourd’hui et qui mérite d’être soutenue par les Israéliens et les Palestiniens d’abord.

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